Au Soudan du Sud, Akol Koor, chef des services de renseignement (NSS), a été limogé, selon un décret du président Salva Kiir lu à la télévision nationale.
Il est muté au poste de gouverneur de l’État instable du Warrap. Jusque-là, aucune raison n’a été donnée pour son transfert. Le puissant chef des services Akol Koor est remplacé à la tête du redouté Service de sécurité nationale (NSS) par Akec Tong Aleu, proche du président Kiir.
Pour Daniel Akech, analyste à l’International Crisis Group (ICG), cité par l’AFP évoquant des négociations en cours entre gouvernement et groupes rebelles, il s’agit d’une décision audacieuse qui comporte des risques pour la sécurité.
« Tout est possible dans cet environnement politique instable. C’est une décision surprenante étant donné qu’Akol Koor occupait ce poste depuis 13 ans et était devenu la deuxième personne la plus puissante de Juba, commandant une force mieux équipée que l’armée nationale », a-t-il expliqué.
Depuis 2013, soit deux ans après son indépendance, le Soudan du Sud a plongé dans une guerre civile meurtrière opposant les rivaux Salva Kiir et Riek Machar. 400.000 personnes ont été tuées et des millions de déplacés.
L’accord de paix, signé en 2018, a instauré le principe d’un gouvernement d’union nationale intégrant les deux rivaux, respectivement aux postes de président et premier vice-président. Mais le Soudan du Sud reste depuis miné par les luttes de pouvoir, la corruption, les conflits ethniques locaux, sans compter les calamités climatiques.
La décision de transfert d’Akol Koor intervient quelques semaines après l’annonce par le gouvernement d’un nouveau report de deux ans des premières élections de l’histoire du pays, prévues en décembre.
Josaphat Mayi

