Alors qu’il vit en exil, Joseph Kabila, ancien chef de l’Etat devenu sénateur à vie et figure de l’opposition, est invité au Sénat ce mardi 20 mai par une commission spéciale chargée d’examiner le réquisitoire de l’auditeur général près la Haute cour militaire pour la levée de ses immunités.
D’après l’invitation, la séance doit avoir lieu dans la salle des conférences internationales du Palais du peuple. Mais Joseph Kabila va-t-il se présenter ? Visiblement, l’ancien président congolais poursuit son exil. Ces derniers, il a fait plusieurs apparitions publiques, mais aussi des prises de parole, mettant fin à six ans de mutisme.
Lundi, l’auditeur général des FARDC a été auditionné par cette commission, composée de quarante membres et dirigée par Christophe Lutundula. Son rapport est très attendu dans les prochains jours.
Après l’annonce de son retour en RDC à partir de Goma, sous contrôle du M23, Joseph Kabila est dans le viseur de la justice. La nouvelle semble avoir provoqué l’ire des autorités congolaises, qui l’accusent d’être le commanditaire de la rébellion du M23-AFC.
Depuis, l’auditeur général près la Haute cour militaire demande la levée de ses immunités. Il a, dans son réquisitoire, argué que le sénateur à vie Joseph Kabila est accusé « d’avoir commis des faits et actes constitutifs des infractions de participation au mouvement insurrectionnel, en assumant les communications des insurgés du M23 ». Pourtant, l’intéressé avait, lors d’une sortie médiatique, balayé ces accusations d’un revers de la main.
Au Sénat congolais, la question divise. Si certains sénateurs soutiennent cette démarche, d’autres estiment qu’elle doit passer par un vote du Congrès, invoquant l’article 224 du règlement intérieur de la chambre basse.
Plusieurs observateurs estiment qu’une telle procédure risque de crisper davantage le climat politique en RDC, où des appels à un dialogue national se multiplient. Le tandem Cenco-Ecc est à la manœuvre, mais aussi Olusegun Obasanjo, ancien chef de l’Etat nigérian, qui a rencontré les opposants Joseph Kabila et Moïse Katumbi.
La Rédaction

