Roland Lamola, ministre sud-africain des Affaires étrangères, a qualifié d’apartheid le traitement préférentiel des Afrikaners par Washington des Afrikaners, descendants des premiers colons européens en Afrique du Sud.
Lors d’un point de presse, le chef de la diplomatie sud-africaine affirme que les Afrikaners ne fuient aucun génocide en Afrique du Sud. « Le gouvernement sud-africain n’a aucune obligation ni aucun devoir d’aider le gouvernement américain. Nous considérons cela comme un processus accéléré d’immigration par les États-Unis », a déclaré Ronald Lamola.
Ronald Lamola indique aussi d’avoir discuté avec le conseiller du président américain pour l’Afrique, Massad Boulos, de discrimination positive et d’une loi d’expropriation promulguée cette année. Il s’agit de deux autres critiques récurrentes de Washington, qui soumet la plupart des exportations de l’Afrique du Sud à des taxes douanières de 30%, les plus élevées d’Afrique sub-saharienne.
« Je ne sais pas si on parviendra à un accord ou non. À propos des négociations commerciales avec Washington, on doit commencer à se préparer à toute éventualité au cas où aucune solution ne serait trouvée », a dit le chef de la diplomatie sud-américaine.
En fait, le groupe identitaire afrikaner AfriForum, à l’origine d’une campagne pour mettre en lumière le phénomène des attaques de fermes, a recensé 37 meurtres sur des exploitations agricoles en 2024. Au premier trimestre de l’année 2025, la police sud-africaine n’a recensé que six meurtres sur des exploitations agricoles et la plupart des employés dans les zones agricoles sont noirs, selon le ministre.
Jusque-là, le président américain Donald Trump a accordé le statut de réfugié à cette minorité blanche, dont étaient issus les dirigeants du régime ségrégationniste de l’apartheid, évoquant plusieurs fois un prétendu génocide à leur encontre.
Après avoir accueilli un premier groupe de 49 personnes arrivées par un vol spécial en mai, l’administration Trump compte démultiplier ces arrivées, désormais via des vols commerciaux.
En Afrique du Sud, les secteurs de l’agriculture, de l’automobile et du textile sont particulièrement dépendants du marché américain. Selon des chiffres diffusés début août, le pays a encore vu le chômage augmenter, alors qu’il touche plus d’un tiers de la population, à savoir 8,4 millions de personnes.
Depuis, Pretoria fait l’objet depuis des mois d’attaques de l’administration de Donald Trump qui lui reproche aussi sa plainte pour génocide visant Israël devant la Cour internationale de justice (CIJ).
Selon les estimations respectives du ministère du Commerce et de l’Industrie et du gouverneur de la Banque centrale, les surtaxes douanières américaines pourraient coûter à Pretoria de 30.000 à 100.000 emplois. En conséquence, Pretoria ne compte pas faciliter l’octroi de visa aux employés d’une organisation kényane, le Church World Service, désignée par Washington pour traiter les demandes de candidats au départ vers les Etats-Unis.
Josaphat Mayi

