Au Cameroun, les autorités mettent en garde les groupes d’opposition avant les élections

Le gouvernement camerounais a qualifié deux groupes de coalition politique de « caractère illégal » et les a avertis de suspendre leurs activités dix-huit mois avant l’élection présidentielle.

 

Les ONG internationales accusent le régime du président Paul Biya, qui dirige d’une main de fer depuis plus de 41 ans, de réprimer systématiquement l’opposition. « L’Alliance politique pour le changement (APC) et l’Alliance pour la transition politique au Cameroun (ATP) ne sont pas des partis politiques au sens de la loi », a déclaré Paul Atanga Nji, ministre de l’Administration territoriale, dans un communiqué.

 

D’après ces mouvements clandestins ne peuvent exercer aucune activité politique. « Malgré le caractère illégal de ces mouvements, leurs promoteurs organisent des réunions, des conférences de presse et des consultations en vue de recruter de nouveaux membres », a-t-il expliqué.

Lire aussi :  Cameroun/CAN 2023 : vers un forfait de Vincent Aboubakar ?

 

Le communiqué exprime également son inquiétude face aux « pseudo-associations à l’approche de l’élection présidentielle de 2025 ». L’APC a rejeté ce qu’elle a qualifié de « curieuses menaces », dans une « déclaration qui indique la panique ».

 

L’alliance s’est déclarée « prête à affronter les élections de manière victorieuse » l’année prochaine.

 

L’APC, dirigée par l’ancien député Jean Michel Nintcheu, a été créée en décembre lors d’un congrès du principal parti d’opposition, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), qui a soutenu Maurice Kamto à la présidence lors du scrutin de 2018.

 

Kamto est arrivé deuxième et a qualifié la réélection de Biya de fraude. Il a été emprisonné sans procès l’année suivante, après avoir organisé des manifestations pacifiques. Le mouvement a boycotté les élections législatives de 2018 et a vu, au cours des deux années suivantes, 700 de ses partisans emprisonnés, dont Kamto.

Lire aussi :  Meurtre d'un journaliste au Cameroun : HRW demande une enquête "indépendante"

 

La plupart ont été libérés après huit mois de détention sans procès, mais 47 ont été emprisonnés par un tribunal militaire en 2021 – 44 sont toujours en prison aujourd’hui.

 

Le groupe de défense des droits Amnesty International a accusé l’année dernière le régime de Biya, âgé de 91 ans, d’avoir utilisé des tribunaux militaires pour arrêter arbitrairement l’opposition, des civils, des journalistes et des personnalités de la société civile sous prétexte qu’ils avaient commis des actes terroristes.

 

AFP/Sahutiafrica

Les plus lus

Sénégal : le parlement s’oppose à la dépénalisation de l’homosexualité

Le parlement sénégalais a rejeté la proposition de loi qui demande la criminalisation de l’homosexualité dans le pays. Le bureau de l'Assemblée nationale l'a...

Forum Indaba Mining : la RDC présentée comme destination d’investissement minier en Afrique

Alors qu’il séjourne à Cap-Town en Afrique du Sud, le président Félix Tshisekedi a, dans son discours à l’occasion de la 28e édition d’Indaba...

Hausse des revenus des exportations d’horticoles en Ethiopie

L’Ethiopie a gagné plus de 400 millions Usd grâce aux exportations d’horticoles au cours des sept premiers mois de l'exercice budgétaire débuté le 8...

L’Onu appelle à l’aide urgente face la menace de la famine au Soudan

Face à la famine et le risque de la malnutrition qui menacent au Soudan, déchiré par la guerre, les Nations unies ont appelé à...

En Tanzanie, les principaux dirigeants de Chadema relâchés

Arrêtés avant un rassemblement interdit, les principaux dirigeants de Chedema, parti d’opposition, ont été libérés ce mardi 13 août.   Il s’agit Freeman Mbowe, Tundu Lissu,...

Sur le même thème

Madagascar : les manifestants ne faiblissent pas la pression

Ce mardi 30 septembre, des centaines de protestataires se sont rassemblés à Antananarivo pour réclamer le départ du président Andry Rajoelina, essuyant des tirs...

Burkina Faso : Ibrahim Traoré confirme l’interpellation de six fonctionnaires ivoiriens

Dimanche 28 septembre, le capitaine Ibrahim Traoré, chef de la transition au Burkina Faso, a confirmé l’interpellation de six fonctionnaires ivoiriens pour avoir franchi...

Présidentielle au Cameroun : début de la campagne électorale

Au Cameroun, où le scrutin présidentiel est prévu le 12 octobre, la campagne électorale s’est offerte ce week-end avec les rassemblements politiques des principaux.   Le...

Ouganda : Bobi Wine célèbre la validation de sa candidature à la présidentielle

En Ouganda, l’opposant Bobi Wine a célébré la validation de sa candidature pour la présidentielle de janvier 2026 lors d’une manifestation à Kampala, la...

RDC : «je continue de considérer Vital Kamerhe comme un allié…» (Félix Tshisekedi)

Au lendemain de la démission de Vital Kamerhe à la tête de l’Assemblée nationale, le président Tshisekedi assure qu’il le considère toujours « comme son...