« Pas de référendum, pas de 3ᵉ mandat, pas de pouvoir à vie, non au coup d’Etat constitutionnel ! », écrit sur les banderoles. Malgré l’interdiction des autorités, des centaines de personnes ont manifesté à l’appel du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC), coalition d’opposition, contre un projet de nouvelle Constitution à Bangui, capitale de la Centrafrique, vendredi 14 juillet.
La manifestation s’est déroulée sans incident. Selon l’AFP, vêtus d’écharpes colorées, les leaders de l’opposition ont défilé en tête d’un cortège encadré par un important dispositif de sécurité composé de plusieurs véhicules blindés de la mission onusienne (Minusma), mais aussi de membres des forces de sécurité.
Pour les opposants, il n’est pas question de verrouiller la limitation de mandats présidentielle. « Touadera veut devenir un roi, qui n’a aucun compte à rendre à qui que ce soit, même pas une démocratie parlementaire et c’est cela que nous refusons et nous nous opposons à ce processus référendaire qui est une escroquerie politique », lâche Martin Ziguélé, ancien Premier ministre devenu député de l’opposition.

En Centrafrique, le président Touadéra, élu en 2016 et réélu en 2020, a annoncé la tenue d’un référendum pour une nouvelle Constitution. Ce nouveau texte permettrait au chef de l’Etat de briguer un troisième mandat. Au lieu de deux mandats de cinq ans, le mandat présidentiel passera à sept ans. Sans restriction.
Pour Fidèle Gouandjika, ministre conseiller spécial du président, il n’y aura pas de troisième mandat, mais les compteurs seront remis à zéro avec une nouvelle Constitution. Pas de troisième mandant, mais pourquoi une nouvelle Constitution ? L’opposition dénonce un coup d’Etat constitutionnel. A 17 jours du vote sur une nouvelle loi fondamentale, les opposants ne faiblissent pas la pression.
« Ceux qui ont tenté ça avant lui, on sait comment ils ont fini. Nous restons confiants et nous mènerons notre bataille selon les voies autorisées par la loi, de façon pacifique avec la population centrafricaine, pour faire échouer cette volonté de se maintenir coûte que coûte à la tête du pays ad vitam aeternam », a déclaré Nicolas Tiangaye, opposant et membre du Bloc républicain, dans un entretien à Sahutiafrica.
Trésor Mutombo

