Alors que se déroule le procès d’éminentes figures de l’opposition accusées de complot en Tunisie, ce mercredi 16 avril, Human Rights Watch (HWR) accuse l’administration de Kais Saied d’utiliser les détentions arbitraires pour taire les voix dissidentes.
Dans un rapport publié, l’ONG appelle le gouvernement tunisien à mettre fin à la répression et à libérer tous les détenus. Pour HRW, le gouvernement tunisien a fait de la détention arbitraire la pierre angulaire de sa politique répressive. Cité dans le rapport, Bassam Khawaja, directeur adjoint du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord à HRW, explique que le gouvernement de Saïed a ramené le pays à une ère de prisonniers politiques, privant les Tunisiens de libertés civiles durement acquises.
Ces dernières années, l’arrestation arbitraire est devenue le fréquent en Tunisie. Depuis 2023, les autorités ont arrêté des dizaines d’éminentes figures de l’opposition politique, des journalistes, des militants et des avocats. C’était dans le cadre d’une répression qui, selon le président Kaïs Saïed, portée atteinte à la démocratie acquise lors du soulèvement populaire du Printemps arabe de 2011.
Jusque-là, une quarantaine de personnes, dont des personnalités politiques, des hommes d’affaires et des journalistes de premier plan, sont accusées de complot contre la sécurité de l’État. La troisième audience de leur procès se tiendra ce vendredi.
La plupart des dirigeants des partis politiques tunisiens sont en prison. Il s’agit notamment d’Abir Moussi du Parti constitutionnel libre et Rached Ghannouchi, chef du parti islamiste Ennahda. Ils sont tous des plus éminents opposants de M. Saïed.
En 2023, le président Kaïs Saïed avait déclaré que les accusés étaient des « traîtres et des terroristes ». L’opposition a qualifié la manœuvre du président tunisien de coup d’État. Interrogé à ce sujet, Kaïs Saïed a nié ces accusations, assurant ne pas être devenu un dictateur. Le président tunisien explique qu’il cherche à sauver le pays d’Afrique du Nord du chaos politique et d’une corruption endémique.
Visiblement, le rapport de HRW renforce l’inquiétude des dirigeants de l’opposition. Pour eux, le régime du président Kaïs d’autoritaire depuis qu’il a dissous le Parlement en 2021.
Josaphat Mayi

