Au Gabon, où les militaires ont déposé le président Ali Bongo, au pouvoir depuis 14 ans, le général Brice Clotaire Oligui, commandant de la Garde républicaine, a été désigné président du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI).
Mercredi 30 août. Panique à Libreville, la capitale. Dans les petites heures de la matinée, des militaires en treillis apparaissent à la télévision nationale et annoncent avoir « mis fin au régime en place ». Pourtant, le camp présidentiel fêtait déjà la réélection du président Ali Bongo pour un troisième mandat. Le Gabon est tombé entre les mains d’un groupe de putschistes dirigés par un général influent : Brice Oligui Nguema, patron de la Garde républicaine.
A l’annonce de l’éviction d’Ali Bongo, les informations ont fusé de partout. Le nom de Brice Oligui Nguema revenait sans cesser. Un inconnu ? Pas du tout. Qui est-il ? Un général formé au Maroc et originaire du Haut-Ogooué, le berceau des Bongo. Le nouvel homme fort de Libreville est une personnalité influente et respectée au sein de l’armée gabonaise.
Fils d’un officier Général gabonais, c’est le plus naturellement du monde qu’il choisit de suivre les traces de son père. Du renseignement, à la diplomatie pendant une dizaine d’années ! Puis gardien de la sécurité du président Ali Bongo. Le général Brice Clothaire Oligui Nguema a gravi tous les échelons et a su attendre son heure. Patiemment, avant de devenir, il y a plus de deux ans, un élément incontournable dans le dispositif sécuritaire du Gabon.
Son ascension au sein de l’armée avait connu un coup d’arrêt en 2009, après le décès du président Omar Bongo, père d’Ali. Elle a repris de plus belle en 2018 lorsqu’affaiblit par un AVC, le président Ali Bongo décide de lui confier la tête de la Direction générale des services spéciaux (Dgss), branche du renseignement de la Garde républicaine.
Six mois après, ce militaire aux traits souvent tirés est encore promu. Et cette fois-ci, il prend les rênes de la Garde Républicaine. Sa mission ? Maintenir le régime. Il va même amorcer quelques réformes en vue de rendre ses troupes efficaces.
Ce 30 août, appuyés par un groupe de militaires et quelques hauts gradés de la gendarmerie. Ce militaire formé au Maroc, qui est aussi connu pour son doigté dans le monde des affaires, a décidé de passer à l’action. De s’emparer du Graal… Mettant fin au règne sans partage des Bongo, plus de 56 ans après. Une page de l’histoire politique du Gabon se tourne.
« Vous savez qu’au Gabon il y a une grogne et, au-delà de cette grogne, il y a la maladie du chef de l’Etat (Ali Bongo a été victime d’un AVC en octobre 2018 qui l’a laissé affaibli). Tout le monde en parle, mais personne ne prend ses responsabilités. Il n’avait pas le droit de faire un troisième mandat, la Constitution a été bafouée, le mode d’élection lui-même n’était pas bon. Donc l’armée a décidé de tourner la page, de prendre ses responsabilités », a déclaré le général Brice Clothaire Oligui Nguema, au journal français Le Monde. Sa première sortie médiatique dans les habits de l’homme fort du Gabon.
Dinho Kazadi

