Au Burkina Faso, la junte militaire devra fournir une feuille de route claire des activités de la transition. C’est ce qu’attend la Communauté économique des États de l’ouest (Cédéao), selon Shirley Ayorkor Botchwey, ministre ghanéenne des Affaires étrangères et responsable de la délégation de la Cédéao, qui a séjourné à Ouagadougou jeudi 17 mars.
La Cédéao affirme être inquiète de la durée de la transition, mais assure ne pas abandonner le pays. D’après Mme Shirley Ayorkor Botchwey, « les autorités burkinabè ont expliqué les raisons derrière la décision de ces 36 mois, notamment la situation sécuritaire du pays ». « La Cédéao demande que le gouvernement de transition fournisse une feuille de route claire de ses activités pour les prochains 36 mois », a dit la ministre ghanéenne citée par l’AFP.
« Les problèmes qui frappent le Burkina Faso sont aussi nos problèmes (…) ce n’est pas en ces moments où le Burkina a des besoins que nous l’abandonnions. Oui, le Burkina est suspendu de la Cédéao mais il est toujours un membre et nous continuerons de travailler ensemble pour ramener la normalité dans ce grand pays », a-t-elle ajouté.
Le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, chef de la junte militaire, qui a pris le pouvoir après le putsch du 24 janvier, a promis de présenter, dans un délai raisonnable, le calendrier de retour à l’ordre constitutionnel. Depuis 2015, le Burkina Faso fait face à l’impasse de la menace djihadiste, qui a précipité la chute du président Christian Kaboré. La junte au pouvoir s’est engagée de lutter contre les violences perpétrées par les groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique.
Raymond Nsimba

