Au Burkina Faso, la diffusion de la radio américaine Voice of America (VOA) a été suspendue pour une durée de trois mois.
L’autorité de régulation des médias du Burkina reproche à ce média d’avoir diffusé des propos jugés « de nature à saper le moral des forces » engagées dans la lutte contre la menace djihadiste.
En fait, il s’agit de propos tenus par un journaliste lors d’une émission, qualifiant une attaque djihadiste de « courageuse » et critiquant le manque d’action des forces armées burkinabè. Pour le Conseil supérieur de la communication (CSC), ces affirmations sont « graves ».
La VOA a été également condamnée à une amende de 25 millions de francs CFA (38.100 euros). Mais la radio américaine, qui réfute avoir « cautionné ou justifié le terrorisme », affirme que les propos tenus lors de l’émission Washington Forum font partie d’une discussion ouverte visant à informer et à échanger avec le public sur des sujets de sécurité importants.
Cette suspension s’ajoute à une série d’interdictions de diffusion visant des médias internationaux, principalement français, depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré.
Le gouvernement burkinabè, qui a fait du retour de la souveraineté nationale une priorité, a adopté une ligne hostile envers les puissances occidentales et les médias jugés critiques.
Ephraïm Kafuti

