Le Premier ministre espagnol au Maroc pour consolider la réconciliation

Mercredi 1er février, Pedro Sánchez, Premier ministre espagnol, est arrivé mercredi à Rabat pour une réunion au sommet afin d’ancrer le partenariat stratégique entre les deux pays après une profonde crise diplomatique provoquée par la question du Sahara occidental.

M. Sánchez, qui est accompagné d’une douzaine de ministres, doit participer jeudi à une « réunion de haut niveau » (RHN) avec le gouvernement marocain, une première depuis 2015.

Avant son arrivée, M. Sánchez a eu un entretien téléphonique avec le roi Mohammed VI au cours duquel ils ont convenu de « consolider la nouvelle étape des relations entre le Maroc et l’Espagne », selon un communiqué espagnol.

Le monarque chérifien a invité M. Sánchez à revenir » »très prochainement » au Maroc pour une visite officielle « en vue de renforcer cette dynamique positive dans l’excellent partenariat stratégique bilatéral », selon le cabinet royal.

M. Sánchez a mis fin en mars dernier à un an de brouille diplomatique avec le Maroc en acceptant d’appuyer les positions marocaines sur le territoire disputé du Sahara occidental.

Cette lune de miel intervient au moment où la France (autre partenaire historique de Rabat) est clouée au pilori par la classe politique et les médias marocains qui l’accusent d’avoir orchestré une récente résolution du Parlement européen s’inquiétant de la dégradation de la liberté de la presse au Maroc et des allégations de corruption d’eurodéputés à Bruxelles.

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Les eurodéputés socialistes espagnols ont voté contre ce texte.

« Plus les relations entre le Maroc et l’Espagne sont bonnes, mieux c’est pour l’Espagne, mieux c’est pour le Maroc, mieux c’est pour l’Europe, mieux c’est pour les affaires, et mieux c’est pour les citoyens des deux pays », a plaidé M. Sánchez en clôturant un forum économique à Rabat.

Vingt-quatre accords doivent être signés jeudi en vue de faciliter les investissements espagnols au Maroc (l’Espagne y est le troisième investisseur) et nouer des partenariats dans les domaines de la désalinisation de l’eau, du transport ferroviaire, de l’éducation et la culture.

Les deux parties parapheront un accord visant à « normaliser totalement le passage des personnes, ainsi que des marchandises, par les douanes et les points de passage terrestres et maritimes ».

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L’ouverture des passages terrestres concernent les enclaves espagnoles de Melilla (dont le poste douanier est fermé depuis 2018) et de Ceuta, situées dans le nord du Maroc.

Au menu également, l’immigration clandestine et la lutte anti-terroriste.

Madrid a mis en avant la baisse de plus de 25% de l’immigration illégale en 2022 grâce à sa coopération policière avec Rabat, avec 31.219 migrants entrés illégalement en Espagne en 2022 (contre 41.945 en 2021).

Cette coopération a toutefois été ternie par la mort de 23 migrants qui avaient tenté le 24 juin dernier de s’introduire dans l’enclave de Melilla via la ville frontière marocaine de Nador.

Rabat est également considéré comme un partenaire clé dans la lutte contre le terrorisme.

Le 25 janvier, une attaque à la machette a été menée contre deux églises à Algésiras (sud de l’Espagne) dans laquelle un sacristain a été tué. L’auteur présumé est un jeune Marocain de 25 ans en situation irrégulière.

AFP/Sahutiafrica

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