Vendredi 25 février, les ambassades de cinq pays à Tripoli, capitale libyenne, ont appelé le gouvernement à préserver la « nature apolitique et technique » de la Compagnie nationale de pétrole (NOC). Selon un communiqué conjoint, les États-Unis, la France, l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni insistent sur l’unité, l’intégrité et « l’indépendance de la NOC ».
Mais le ministère libyen du Pétrole, dénonce une ingérence flagrante dans les affaires internes de l’État libyen. « La véritable menace pour la sécurité et la sûreté de la Libye est l’ingérence continue dans ses affaires par des parties qui tentent de dicter leur volonté à la volonté nationale », a indiqué le ministère dans un communiqué publié sur Facebook.
Cette déclaration conjointe intervient sur fond de tensions importantes entre Mustafa Sanalla, le patron de la NOC et le ministre du Pétrole, Mohamad Aoun. M. Aoun a tenté à plusieurs reprises au cours des derniers mois de suspendre M. Sanalla. Selon les médias locaux, le ministre du Pétrole a, récemment accusé le patron de la NOC d’espionner son bureau. Mais aussi de gérer l’argent du pétrole « comme s’il s’agissait de son propre argent ».
La Libye, qui dispose des réserves pétrolières les plus abondantes d’Afrique, tente de s’extirper d’une décennie de chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Après des périodes de fortes baisses, la production est remontée actuellement à 1,2 million de barils par jour, contre 1,5 à 1,6 million avant 2011. La NOC a annoncé des recettes nettes d’exportations record, avec plus de 21,5 milliards de dollars pour 2021.
Joe Kashama

