Pendant la campagne présidentielle en République démocratique du Congo, des coups sont donnés par différents candidats. Et Moïse Katumbi est qualifié « d’étranger » (Zambien, juif, Italien, etc.) , candidat du Rwanda. Comment expliquer que c’est Moïse Katumbi qui est la cible de ces différentes attaques?
Maître Hervé Diakesse, porte-parole de Ensemble pour la République de Moïse Katumbi a accordé une interview exclusive à Sahutiafrica.net pour démêler le vrai du faux.
« Le pouvoir cible Moïse Katumbi parce qu’il ne sait pas justifier son bilan. Et l’adhésion d’autres candidats autour de lui a fait que le pouvoir en place le considère comme la cible principale de cette campagne », explique le Porte-parole de Ensemble pour la République du candidat Moïse Katumbi.
Caricaturé avec un nez proéminent, Katumbi, n’échappe pas à être désigné comme le candidat du Rwanda. Cela rappelle la même trame dans les campagnes de 2006 et 2011 où Joseph Kabila a été qualifié de candidat de l’étranger (Rwanda) contre Jean-Pierre Bemba et contre Etienne Tshisekedi.
C’est au tour de Moïse Katumbi, qui autre fois dans l’opposition de reprendre la place et la position qui était attachée à la personne de Joseph Kabila.
« De par sa façon de mener sa campagne, très tôt, Moïse Katumbi a émergé du lot des différents candidats à la présidentielle. Sa campagne a démarré sur des chapeaux de roues avec une forte adhésion de l’opinion et de la population. Il y a des masses énormes qui se sont présentées aux meetings de Katumbi. Par contre, la campagne du président Tshisekedi a démarré de manière poussive et a été mal engagée. Sa campagne s’est heurtée à l’hostilité d’une opinion qui n’accepte pas l’échec de son bilan et ne voudrait pas lui accorder une chance de mener le pays à la morgue », explique Hervé Diakesse.
Qui a fait venir Kagame ici à Kinshasa au stade des Martyrs?
De par sa posture et l’ampleur de sa campagne, Moïse Katumbi est le candidat de l’opposition qui dispose d’assez de moyens pour mener une campagne suffisamment bien huilée. « Il est considéré comme le vrai adversaire du pouvoir et le véritable challenger », détaille le son porte-parole.
A ces accusations, Maître Hervé Diakesse y va de manière frontale.
« Qui a fait venir Kagame ici à Kinshasa au stade des Martyrs? Qui a fait venir le M23 ici pour négocier en catimini alors qu’ils étaient déjà vaincus? Qui a permis à la compagnie d’aviation du Rwanda de prendre le monopole de notre espace aérien pendant que nous on tuait Congo Airways? Qui a permis à Kagame d’exploiter nos mines? Ce n’est pas Katumbi. Du coup le pouvoir qui n’a pas d’arguments pour justifier son bilan s’en prend à Katumbi en recyclant des vieux discours. Cela en devient risible », rigole le porte-parole de Moïse Katumbi.
Pour lui, la campagne du président Tshisekedi est essoufflée et comme l’on manque d’arguments Moïse Katumbi serait même accusé d’acheter les candidats qui se sont ralliés à lui. « En fait, l’on sait comment l’Union sacrée s’est constituée en achetant des consciences et des candidats à coup de 21 mille dollars et des jeeps Palissade. Du coup, on veut nous faire croire aujourd’hui que quand les gens rejoignent Félix Tshisekedi, ce serait par conviction et chez Katumbi, ce serait à cause de l’argent? Quelqu’un irait facilement auprès du candidat du pouvoir au lieu de s’allier à un opposant. Avec le pouvoir, il aura toutes les garanties et avantages que dans l’opposition. Mais, ceux qui rejoignent Katumbi ne veulent pas donner le prétexte au pouvoir qu’il y a eu une dispersion des voix dans l’opposition lors des prochaines élections », défend Maître Hervé Diakesse.
Les élections générales en RDC sont prévues pour le 20 décembre prochain.
Alimasi Kambale

