Une pétition en ligne vient d’être lancée ce mardi 12 septembre sur la plateforme Change.org pour réclamer la libération du journaliste congolais Stanis Bujakera, correspondant de Jeune Afrique à Kinshasa, et protéger la liberté de la presse en RDC.
Pour l’instant, le journaliste est encore entre les mains de la justice congolaise. D’autre part, les associations des journalistes congolais sont vent debout contre l’interpellation et l’arrestation à Kinshasa de Stanis Bujakera Tshiamala.
Ce mardi 12 septembre, il est placé sous mandat d’arrêt provisoire.
Vendredi 8 septembre dans la soirée, Stanis Bujakera Tshiamala s’apprête à prendre son vol pour Lubumbashi, dans la partie sud-est de la RDC. Il est interpellé à « l’aéroport international de N’djili par des individus se présentant comme des officiers de la police judiciaire, puis conduit au commissariat provincial de Kinshasa », indique un communiqué de l’Association des médias d’informations en ligne de la RDC (MILRDC).
Depuis, il est entre les mains de la justice congolaise. Que reproche-t-on au journaliste ? Selon son avocat, cité par MILRDC, il est reproché au correspondant de Jeune Afrique en RDC et Reuters la « propagation de faux bruits » et la « diffusion de fausses informations » en relation avec un rapport attribué à l’Agence nationale de Renseignements (ANR). Ce rapport concerne le dossier du meurtre de Chérubin Okende Senga, député national congolais, dont le corps sans vie avait été retrouvé mort à bord de sa Jeep devant un garage de Kinshasa le jeudi 13 juillet dernier.
Alors que l’enquête sur la mort du député se poursuit, le 31 août dernier, Jeune Afrique publiait l’article : « Mort de Chérubin Okende en RDC : les renseignements militaires ont-ils joué un rôle ? ».
Jeune Afrique précisait avoir « consulté en exclusivité une note de l’Agence nationale de renseignement (ANR) qui retrace les circonstances du meurtre de ce proche de Moïse Katumbi ». L’article n’est pas signé par Stanis Bujakera, correspondant de Jeune Afrique.
« Il est essentiel de rappeler que Stanis Bujakera n’est pas l’auteur de cet article, d’après son avocat. De plus, selon la loi [congolaise], en l’absence d’une signature, c’est le directeur de publication qui est tenu responsable de tout contenu publié. L’absence d’interpellation ou de contact avec le média concerné, dans ce cas, est pour le moins surprenant », précise le communiqué de l’Association des médias d’informations en ligne de la RDC.
Dans un communiqué daté du 5 septembre, Peter Kazadi, ministre congolais de l’Intérieur, adresse ce qui est un droit de réponse de Kinshasa à François Soudan, Directeur de Rédaction de Jeune Afrique, et à Christophe Boisbouvier, Directeur adjoint de Radio France Internationale, chargé de l’Afrique.
Le Ministre congolais de l’intérieur répond à l’article publié par Jeune Afrique et dénonce « vigoureusement les fausses informations publiées sur base d’un rapport attribué indûment à l’Agence Nationale de Renseignements (ANR)… ».
Peter Kazadi précise dans son communiqué qu’«un examen interne a révélé de multiples anomalies dans la fausse note, dont question, attribuée à l’ANR par des individus visiblement motivés à désorienter l’opinion tant nationale et qu’internationale. Partant, il est regrettable que des médias jugés crédibles professionnellement, comme les vôtres se soient laissé dévoyer au point de relayer un document au contenu fallacieux ».
Il rappelle qu’il croit « fermement à la liberté de la presse et au droit à l’information. Néanmoins, cet attachement a pour corollaire, le devoir de lutter contre les fakenews ».
Alimasi Kambale

