Accusations d’enrichissement personnel, de duplicité, d’ingratitude… Augustin Kabuya, secrétaire général de l’UDPS, parti présidentiel, s’est lancé dans une diatribe contre Jean-Marc Kabund, ancien bras droit du président Tshisekedi devenu son farouche opposant.
Depuis, la vidéo est devenue virale sur les réseaux sociaux. Les propos d’Augustin Kabuya sont repris en chœur par plusieurs médias congolais. « Kabund parle d’un régime des jouisseurs. Mais s’il y a un jouisseur dans ce régime, c’est bien lui. Qu’il dise combien a coûté son château de Kingabwa », a-t-il déclaré devant un parterre de militants du parti au pouvoir. Dans la foulée, il a évoqué les conditions modestes lors de son arrivée à Kinshasa en provenance de Kamina.
Visiblement, Augustin Kabuya tente de répondre l’opposant Jean-Marc Kabund quelques jours après son meeting. Le premier depuis sa libération après près de 2 ans de détention à la prison de Makala. Dans son discours, l’allier d’hier devenu farouche opposant n’a pas épargné le régime actuel. Il l’accuse d’arrogance, de séparatisme et de manque de vision. Pour M. Kabund, il est animé par des acteurs « opportunistes et incompétents ».
Sans doute, ces propos ont fait bondir M. Kabuya. Pour lui, Jean-Marc Kabund n’est pas « un modèle ». « Etre ingrat jusqu’à ce niveau n’est pas une bonne chose. S’il a été libéré, ce n’est pas parce qu’il a gagné le procès. C’est faux et archi-faux », a lâché du parti présidentiel dans une posture offensive.
Il révèle que le leader du parti Alliance pour le changement a envoyé « son émissaire pour demander pardon au président Tshisekedi ». « Lorsqu’il est devant les caméras au lieu d’être modéré, il commence à dire n’importe quoi contre le chef de l’Etat », a déploré Augustin Kabuya.
Dans sa diatribe, Augustin Kabuya affirme que Jean-Marc Kabund est égal à Corneille Nangaa, ancien président de la commission électorale devenu chef rebelle à la tête de l’AFC-M23. Pourquoi ? « Comme Nangaa qui est allé en rébellion à cause des carrés miniers, Kabund a eu des problèmes avec le président à cause des carrés miniers », a-t-il glissé.
Pendant ce temps, le climat politique est toujours crispé en RDC, où l’opposition a boycotté les consultations lancées par le conseiller spécial du président Tshisekedi en matière de sécurité pour la formation d’un gouvernement d’union nationale. Les figures voyantes de l’opposition posent la démarche du tandem Cenco-Ecc comme un cadre idéal pour un véritable dialogue. Toutefois, le pacte social pour la paix de chefs religieux ne semble pas faire l’unanimité. Et surtout, dans le camp présidentiel.
Trésor Mutombo

