Ce vendredi 19 août, des rassemblements sporadiques à l’appel de Wakit Tama, coalition de partis d’opposition et d’associations de la société civile, ont été dispersés par un important dispositif policier à N’Djamena, capitale tchadienne.
Wakit Tamma a appelé à manifester contre le Conseil militaire de transition (CMT), dirigé par Mahamat Idriss Déby Itno, fils du défunt président Idriss Déby, au pouvoir sans partage pendant plus de 30 ans, tué en se rendant au front contre des rebelles en avril 2021.
Mais cette manifestation a été interdite par les autorités. Elles ont justifié leur décision par le non-respect du délai légal de dépôt de la lettre d’information. Pourtant, Wakit Tamma souhaite manifester à la veille de l’ouverture samedi à N’Djamena du Dialogue national inclusif entre l’opposition civile et armée et la junte au pouvoir.
Ce dialogue qui doit déboucher sur des élections libres et démocratiques et la remise du pouvoir aux civils. Wakit Tamma ne participera pas au dialogue, qu’elle considère comme biaisé.
« La ville est calme, à l’exception d’un cas isolé lorsque quelques jeunes ont brûlé un pneu sur un pont à Walia, au sud de la capitale tchadienne, près de la frontière avec le Cameroun », a déclaré à l’AFP le porte-parole de la police le colonel Paul Manga. « Il n’y a eu aucune arrestation », a-t-il poursuivi.
Mais Max Laolngar, coordonnateur de Wakit Tama, fait pourtant état de sept arrestations du côté de Farcha, à l’ouest de la capitale.
Dans un communiqué publié jeudi, le Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT), groupe rebelle à l’origine de l’offensive qui a tué Idriss Déby, et qui ne participera pas au dialogue national, a apporté son soutien à la manifestation de Wakit Tamma. « Au lieu de prendre les dispositions nécessaires pour sécuriser ces manifestations, comme d’habitude la junte ordonne de manière abusive leur interdiction », selon le communiqué.
Les manifestations de l’opposition sont régulièrement interdites par les autorités. En avril 2021, quelques jours après l’arrivée au pouvoir de Mahamat Idriss Déby, six personnes avaient été tuées à N’Djamena, la capitale, et dans le sud du Tchad, selon les autorités, neuf selon une ONG locale, au cours de manifestations interdites par les autorités, organisées par l’opposition et la société civile.
AFP/Sahutiafrica

