La police tunisienne a procédé à des arrestations de manifestants contre le président Kais Saied et la nouvelle Constitution qui sera soumise à un référendum lundi prochain. C’est ce qu’ont rapporté les sources locales vendredi 22 juillet.
Toutefois, des altercations et des affrontements ont eu lieu entre les manifestants et les forces de l’ordre présentes en masse à l’avenue Habib Bourguiba à quelques mètres du ministère de l’Intérieur. Les forces de l’ordre ont utilisé le gaz lacrymogène pour disperser les manifestants.
« Dictateur retire ta main de la Constitution », « le peuple tunisien est libre et la Constitution ne passera pas », criaient les manifestants brandissant des affiches disant : « nous, peuple tunisien, n’avons pas écrit cette Constitution », ou « référendum populiste ».
« Les manifestants avaient été autorisés à organiser leur mouvement devant le Théâtre municipal, mais ils ont fait exprès d’avancer vers le ministère parce qu’ils ont cherché la provocation », a déclaré à l’AFP un responsable de la police sous couvert de l’anonymat.
Après la charge policière, Hamma Hammami, le chef du Parti des travailleurs (gauche radicale) et ancien opposant sous le dictateur Zine el Abidine Ben Ali, a justifié la colère des manifestants.
« La Constitution passe ou ne passe pas, notre lutte se poursuivra jusqu’à la chute de ce nouveau tyran (…). Nous n’avons peur ni de la prison, ni de la mort ni de la torture », a-t-il dit à la presse.
Cette protestation contre la politique du président Saied intervient à quelques jours du référendum sur une nouvelle Constitution qui accorde de vastes pouvoirs au président.
L’opposition et des ONG qui avaient déjà organisé plusieurs mouvements de protestation contre la politique de M. Saied et appelé au boycott de ce référendum, disent redouter une dérive vers un régime dictatorial.
AFP/Sahutiafrica

