Burkina Faso : les proches de Sankara sceptiques des excuses de Blaise Compaoré

« Je demande pardon au peuple burkinabé pour tous les actes que j’ai pu commettre et plus particulièrement à la famille de mon frère et ami Thomas Sankara » écrit Blaise Compaoré, ex-président du Burkina Faso mardi 26 juillet dans un courrier. Mais certains proches de la famille de Sankara restent sceptiques. M. Compaoré a été reconnu coupable de l’assassinat de Thomas Sankara, son prédécesseur en 1987.  

Pour Me Ferdinand Djammen Nzepa, l’un des avocats de la famille Sankara, ses excuses, c’est une façon de reconnaître tout le mal qu’il a fait. « Il a des très belles phrases, mais s’il passe par la prison ça calmerait beaucoup de familles. Il ne sera ni le premier ni le dernier chef d’Etat en prison. Je doute de la sincérité de son pardon », a-t-il confié à Sahutiafrica. 

L’ancien président du pays des hommes intègres Blaise Compaoré, est condamné par contumace à perpétuité pour son rôle dans l’assassinat en 1987 de son prédécesseur Thomas Sankara. Il a pris le pouvoir par un putsch qui a conduit au meurtre de son prédécesseur, réputé comme père de la révolution burkinabé. Après 27 ans de règne, il a été renversé par la rue en 2014, avant de s’exiler en Côte d’Ivoire.  

Cette déclaration de M. Compaoré tombe quelques jours après son retour très critiqué au Burkina Faso. Il était invité par le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, président de transition arrivé au pouvoir lors d’un coup d’Etat en janvier pour une « réconciliation nationale » face aux attaques djihadistes qui endeuillent le pays. 

« En revenant au Burkina Faso la fois passée, il pensait qu’il serait accueilli en héros national mais finalement il s’est aperçu que c’était un flop total. Et personne de tous les anciens chefs n’est allé assister à cette prétendue réunion réconciliation nationale des anciens chefs d’Etats chacun ayant trouvé un prétexte plus ou moins valable », a ajouté Me Djammen. 

Selon ce juriste, les excuses de M. Compaoré a été poussé par une certaine pression autour de lui. « On lui a demandé d’infléchir sa position radicale qu’il avait face à la justice depuis le début de ce procès », a-t-il conclu. 

Depuis sa chute en octobre 2014, le Burkina Faso s’est enfoncé dans une grave crise sécuritaire marquée par des attaques djihadistes. Cette situation a conduit à un nouveau putsch qui a conduit les militaires à la tête du pays.  

Joe Kashama 

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