Côte d’Ivoire : le RHDP se place comme le grand favori de la présidentielle en 2025

Vainqueur dans une large majorité de régions et de communes face à une opposition pourtant unie, le parti au pouvoir en Côte d’Ivoire assoit sa domination électorale et se place comme le grand favori de la présidentielle de 2025.

Le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) du président Alassane Ouattara l’a emporté dans plus de 60% des communes et 80% des régions, laissant seulement des miettes aux formations d’opposition, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI).

Au RHDP, une victoire et des ambitions

« Le RHDP est la seule formation politique à avoir une forte capacité de mobilisation, grâce à ça ils peuvent construire une déferlante pour 2025 », décrypte pour l’AFP le sociologue et fondateur du centre de réflexion Indigo Côte d’Ivoire, Severin Yao Kouame.

Mais une fois la victoire célébrée, une question devrait rapidement agiter le parti au pouvoir : qui sera le candidat pour la présidentielle de 2025 ? Le président Ouattara, au pouvoir depuis 2011, laisse planer le doute sur ses intentions pour briguer un quatrième mandat et la liste de ses potentiels successeurs s’allonge.

Un homme semble sortir particulièrement renforcer du scrutin local : le président de l’Assemblée nationale Adama Bictogo qui s’est imposé à Yopougon, grand quartier populaire d’Abidjan qui fut longtemps un bastion de Laurent Ggagbo, l’ex-président devenu opposant.

Lire aussi :  Début du recensement général de la population en Côte d’Ivoire

Le Premier ministre, Patrick Achi, dont le nom revient parmi les successeurs, a également assuré sa réélection à la tête de la région de la Mé (sud).

Enfin deux autres personnalités parfois citées, le ministre de la Défense et frère du chef de l’Etat, Téné Birahima Ouattara, ainsi que le directeur de cabinet du président, Fidèle Sarassoro, ont été élus dans leurs bastions du nord avec plus de 95% des voix.

Reconstruction en vue au PDCI

Orphelin de son président, l’ancien chef d’Etat Henri Konan Bédié (1993-1999), décédé le 1er août, le PDCI sort de cette élection comme le premier parti d’opposition.

Il s’impose seul dans 3 régions et 22 communes, et garde quelques localités importantes comme la capitale Yamoussoukro, ou les quartiers abidjanais de Cocody, Port-Bouet et du Plateau. Son alliance avec le PPA-CI lui permet même d’ajouter une région et dix communes.

Mais les résultats restent décevants et pour se remettre en ordre de marche, le parti devra rapidement solder la question de la succession de M. Bédié.

« Beaucoup d’ambitions avaient commencé à naître de son vivant, elles reviendront une fois le moment du deuil passé. C’est une période d’incertitude pour la cohésion du mouvement qui s’ouvre », juge William Assanvo, chercheur à l’Institut d’études de sécurité (ISS).

Le parti de Gbagbo fait grise mine

Lire aussi :  Football/ mercato : Éric Bailly s'engage avec Besiktas

De retour en Côte d’Ivoire depuis 2021, après avoir été acquitté par la justice internationale de crimes contre l’humanité, Laurent Gbagbo n’a pas transformé son premier essai électoral.

S’il ne se présentait pas lui-même, radié des listes électorales il n’a même pas pu voter samedi, son jeune parti le PPA-CI s’était allié au PDCI dans de nombreuses localités en espérant bousculer le RHDP.

Seul, le parti ne s’impose que dans deux municipalités et la plupart de ses cadres ont été battus. « La figure de Gbagbo ne fédère plus comme avant, lorsqu’il était le vecteur d’une certaine demande sociale », pointe M. Kouame.

Un scrutin apaisé

Après les législatives de 2021, c’est la deuxième fois consécutive que la Côte d’Ivoire, à l’histoire récente marquée par les violences électorales, tient des élections dans le calme.

Si des retards d’ouverture des bureaux et quelques altercations ont été signalés dans certaines localités, aucun blessé grave ou mort n’a été à déplorer. « C’est un test réussi, mais la faible participation citoyenne à la vie politique pour des scrutins importants (entre 36 et 44% selon le scrutin) interpelle », tempère William Assanvo.

En 2020, lors de la présidentielle, 85 personnes avaient été tuées dans des affrontements et en 2010-2011 une grave crise post-électorale avait fait plus de 3.000 morts.

AFP/Sahutiafrica

Les plus lus

Discours de Mobutu du 24 avril 1990: les souvenirs du jour de l’instauration du multipartisme au...

«J’ai estimé seul devant ma conscience de tenter l’expérience du pluralisme politique dans notre pays, avec à la base le principe de la liberté...

Centrafrique: L’insécurité empêche de bien lutter contre le covid-19

"La crise sécuritaire ne permet pas au gouvernement de faire respecter les gestes barrières sur toute l'étendue du territoire national. Les centrafricains vivent comme...

Guinée : accusés de soutenir terrorisme, deux hommes d’affaires sont-ils dans le viseur de la justice...

Lundi 7 mars, le parquet général guinéen a demandé l’ouverture d’une enquête contre Ali Saadé et Ibrahim Taher, deux hommes d’affaires. Ce qui intervient...

Egypte : la justice new-yorkaise rend seize œuvres d’art pillées

Mercredi 7 septembre, la justice de l’Etat américain de New York a tranché pour la restitution d’au moins seize œuvres d’art d'une valeur de...

Tchad : adoption du projet de nouvelle Constitution au CNT 

Mardi 27 juin, le Conseil national de transition (CNT) a adopté le projet du gouvernement, proposant la nouvelle constitution dans les locaux de l'Assemblée...

Sur le même thème

Madagascar : les manifestants ne faiblissent pas la pression

Ce mardi 30 septembre, des centaines de protestataires se sont rassemblés à Antananarivo pour réclamer le départ du président Andry Rajoelina, essuyant des tirs...

Burkina Faso : Ibrahim Traoré confirme l’interpellation de six fonctionnaires ivoiriens

Dimanche 28 septembre, le capitaine Ibrahim Traoré, chef de la transition au Burkina Faso, a confirmé l’interpellation de six fonctionnaires ivoiriens pour avoir franchi...

Présidentielle au Cameroun : début de la campagne électorale

Au Cameroun, où le scrutin présidentiel est prévu le 12 octobre, la campagne électorale s’est offerte ce week-end avec les rassemblements politiques des principaux.   Le...

Ouganda : Bobi Wine célèbre la validation de sa candidature à la présidentielle

En Ouganda, l’opposant Bobi Wine a célébré la validation de sa candidature pour la présidentielle de janvier 2026 lors d’une manifestation à Kampala, la...

RDC : «je continue de considérer Vital Kamerhe comme un allié…» (Félix Tshisekedi)

Au lendemain de la démission de Vital Kamerhe à la tête de l’Assemblée nationale, le président Tshisekedi assure qu’il le considère toujours « comme son...