« Je regrette ce qui lui (Stanis Bujakera) arrive et je ne peux pas faire entrave à la justice de ne pas permettre à celle-ci de faire toute la lumière, d’autant plus qu’on parle de mort d’homme-là », a déclaré le président Tshisekedi à RFI et Reuters depuis New-York, où il séjourne pour l’Assemblée générale des Nations Unies.
Sur le cas de l’arrestation du journaliste Stanis Bujakera, correspondant de Jeune Afrique et directeur de publication du site congolais Actualité.cd, le président congolais n’est pas resté de marbre. A Kinshasa, associations des journalistes, de défense des droits de l’homme et des acteurs politiques exigent sa libération. Mardi 19 septembre, l’Association congolaise pour l’accès à la justice (Acaj) a, dans un communiqué, appelé les autorités à « cesser d’intimider la presse », dénonçant « l’atteinte à la liberté de la presse et au droit à l’information sur l’arrestation du journaliste congolais Stanis Bujakera ».
« C’est un jeune homme que j’aime bien, pour la petite histoire, il a couvert notre campagne, je dis notre campagne parce que nous étions en coalition avec l’UNC de Vital Kamerhe. Il était de tous les combats avec nous, donc vous voyez, j’ai de la sympathie pour ce jeune homme », a dit le chef de l’Etat congolais.
Arrêté le 8 septembre, le journaliste Stanis Bujakera a été placé sous mandat de dépôt à la prison de Makala après son audition par la commission d’enquête sur l’assassinat de Chérubin Okende, ancien ministre des Transports et proche de Moïse. Il est inculpé pour « propagation de faux bruits » et « diffusion des fausses informations ». C’est au sujet d’un article publié par Jeune Afrique sur les circonstances de la mort de Chérubin Okende, retrouvé mort dans sa jeep. Mais l’article n’a pas été signé par le journaliste.
« Rappelez-vous, Chérubin Okende ancien ministre qui a été mon collaborateur pendant longtemps, très apprécié d’ailleurs par moi, est mort dans des circonstances suspectes qui jusqu’à aujourd’hui ne sont pas encore élucidées malgré le fait que nous avons fait appel à des enquêteurs internationaux belges, à ma demande personnelle adressée au premier ministre belges, Sud-africains, Français aussi et la Monusco. Malgré tout ça, on prend les risques de désorienter l’enquête et l’opinion, je crois que ça peut intéresser la justice », a affirmé le président Tshisekedi.
Une association de journalistes projette un sit-in devant le bâtiment du ministère de la Justice pour exiger la libération de Stanis Bujakera.
Béni Bavila

