Présidentielle en RDC : une candidature commune de l’opposition est-elle possible ?

Face au président Tshisekedi, candidat à sa propre succession, l’opposition semble se lancer dans la bataille en ordre dispersé.

Parler le même langage autour d’une candidature commune. Dans l’opposition, chacun va au scrutin, jusque-là, en cavalier solitaire. Même si Martin Fayulu, le Dr Denis Mukwege et Moïse Katumbi, tous candidats, n’écartent pas l’hypothèse d’un candidat commun de l’opposition contre Félix Tshisekedi.

Défi énorme

« C’est un défi énorme de donner à l’opposition congolaise un minimum d’unité autour d’un candidat. Est-ce qu’ils seront à même de surpasser leurs égaux pour s’aligner autour d’un seul candidat et prétendre battre le président de la République ? Si l’opposition n’arrive pas à rationaliser les égaux, elle ouvrira le boulevard pour le président Tshisekedi », indique Christian Moleka, coordonnateur analyste politique et coordonnateur de la Dynamique des politologues de la RDC (Dypol), à Sahutiafrica.

Une candidature commune est-elle possible ? Oui, pense l’analyste. Mais, il nuance. D’après lui, l’opposition congolaise peine à trouver un consensus autour d’une candidature commune depuis le premier cycle électoral de 2006. « On n’a pas réussi à avoir le ticket Bemba-Tshisekedi. L’un a boycotté le processus. L’autre est allé. En 2011, on a eu la même histoire avec le fameux candidat commun ou candidat unique entre Etienne Tshisekedi, Kamerhe et Kengo Wa Dondo. En 2018, on a eu le groupe Genève. Puis, le groupe Nairobi qui est né », analyse Christian Moleka.

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Fissure

Mais à l’approche de la présidentielle, le climat n’est pas à la sérénité au sein de l’opposition. Alors qu’il est en tournée dans l’ex-grand Bandundu, Martin Fayulu, une des figures de proue de l’opposition, a déclaré être le candidat commun de l’opposition, mais aussi estime qu’aucun candidat de l’opposition n’a son niveau de maîtrise des questions politiques, économiques, sociales et sécuritaires.

Ces propos de Martin Fayulu passent mal dans le camp de Moïse Katumbi. Aussitôt, un des proches de l’ancien gouverneur du Katanga a réagi. « Au nom de tous les jeunes d’Ensemble, nous disons que la candidature du président Moïse est définitive. Martin Fayulu doit arrêter de confondre 2018 et 2023 », a écrit Abel Amundala, conseiller de Moïse Katumbi, sur le réseau X.

Entre-temps, Nouvel Elan d’Adolphe Muzito, ancien Premier ministre congolais, la question d’une candidature commune n’est pas à l’ordre du jour. Sans doute, l’opposition ne parle pas le même langage. Jusque-là, Delly Sesanga et Matata Ponyo ne se sont pas encore prononcés sur le sujet.

Pourtant, des alliances se forment autour du président Tshisekedi, qui va compter sur les appuis de Vita Kamerhe, son allié de première heure, mais aussi de Jean-Pierre Bemba, dans cette élection à un seul tour. Ce qui pourrait laisser un boulevard pour le chef de l’Etat congolais.

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Christian Moleka affirme « qu’il faut qu’au sein de l’opposition, chacun puisse rationnellement mieux gérer ses ambitions ». Pour lui, le Dr Mukwege peut venir en « arbitre » et être le « mieux rassembleur » dans cette opposition fissurée.

« Le problème n’est pas de dire qu’il y a possibilité de coalition. Le problème, ce que pour certains, coalition veut dire tout le monde autour de moi. Si tel est le cas, ce qu’il n’y aura pas de coalition. A un moment donné, il faut qu’un accepte d’abandonner. Or, la difficulté est que Moïse Katumbi et Martin Fayulu sont revanchards. Autant Fayulu, qui garde encore amèrement les résultats de 2018. Autant Katumbi peut dire qu’il a été écarté en 2018 et qu’il estime que cette fois-ci, c’est son tour de venir », commente l’analyste.

En RDC, la présidentielle est censée se dérouler le 20 décembre. Félix Tshisekedi, 60 ans, qui brigue un second mandat, affronte une vingtaine de challengers.

Trésor Mutombo

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