Après deux jours de concertation nationale au Mali, les participants ont proposé de nommer le général Assimi Goïta, chef de la transition, président de la République sans élection pour un mandat de cinq ans à partir de 2025 renouvelable.
Selon un document publié par la Primature, la concertation nationale recommande de « dissoudre tous les partis politiques ainsi que d’en durcir les conditions de création ». Les participants préconisent aussi de « suspendre toutes les questions électorales » jusqu’à la pacification du pays.
Au Mali, les recommandations seront remises au général Goïta. La concertation devait servir à la « mise en œuvre » des recommandations politiques des assises nationales organisées fin 2022 pour « construire une solution de sortie de crise ».
Mais ces assises ont été boycottées par l’opposition. Plusieurs formations politiques d’opposition ont affirmé craindre subir le même sort que leurs homologues au Niger et au Burkina, où les régimes militaires ont dissous les partis politiques. L’opposition dénonce une manœuvre visant à museler la contestation. « On ne veut pas de la dissolution des partis politiques », a déclaré Abdallah Yattara, un responsable de leur coalition, lors d’une conférence de presse dimanche.
En juillet 2024, les activités des partis politiques avaient déjà été suspendues par la junte. Cette dernière les avait accusés de « discussions stériles » et de « subversion », représentant un danger pour le « dialogue » national en cours.
Le Mali est dirigé par une junte depuis les coups d’État de 2020 et 2021. Le pays est confronté à une grave crise sécuritaire depuis 2012, marquée par les violences de groupes affiliés à Al-Qaïda et au groupe État islamique (EI), ainsi que de bandes criminelles communautaires.
La junte n’a pas respecté son engagement de rétablir le pouvoir aux civils fin mars 2024 et a reporté l’élection présidentielle à une date indéterminée, suscitant des inquiétudes quant à son intention de céder le pouvoir.
Ephraïm Kafuti

