Aucun compris n’a été trouvé entre la junte malienne et Goodluck Jonathan, médiateur de la Cédéao, à propos de la durée de la transition et de la date des élections censées ramener les civils au pouvoir. Dimanche 20 mars, le médiateur ouest-africain a quitté Bamako où il a séjourné depuis vendredi.
Dans un communiqué publié après le départ de l’émissaire de la Cédéao, Bamako affirme avoir proposé « un nouveau délai de vingt-neuf mois, que le colonel Assimi Goïta, chef de la junte, dans un effort ultime visant à parvenir à un compromis réaliste a ramené à 24 mois ». « Ce nouveau délai incompressible aux yeux des autorités du Mali n’a pas reçu l’assentiment du médiateur et de sa délégation qui sont restés sur leur position », rapporte la même source.
Mais la commission de la Cédéao assure que « Goodluck Jonathan a réaffirmé sa volonté de continuer à discuter avec les autorités maliennes afin de convenir d’un calendrier de transition acceptable ». Un comité technique de la Cédéao avait proposé l’organisation de scrutins dans un délai de 12 ou 16 mois, avec l’aide d’une Autorité indépendante de gestion des élections (Aige), selon l’AFP.
« Nous sommes à la fin de la mission à Bamako. Si c’est pour dire que nous sommes tombés d’accord sur une date pour la fin de la transition, je réponds tout de suite non », a dit un membre de la délégation ouest-africaine cité par la même source.
Le Mali a connu deux putschs en l’espace de neuf mois. Depuis, le pays est dirigé par une junte militaire, qui a promis d’organiser les élections pour un retour à l’ordre constitutionnel. Ces élections devaient se tenir en février dernier, d’après le délai de la Cédéao, mais les autorités ont fait savoir à l’organe sous-régional qu’elles seraient en capacité les d’organiser dans ce délai.
En janvier, la Cédéao a imposé des sanctions économiques et diplomatiques au Mali. Pourtant, le Conseil national de la transition, organe qui office de parlement, a adopté le 21 février une période de transition pouvant jusqu’à 5 ans avant la tenue d’élections.
Trésor Mutombo

