Conflit du Tigré : Addis-Abeba consterné par la position de Washington et de Bruxelles

Jeudi 04 août, le gouvernement éthiopien a exprimé sa consternation aux envoyés spéciaux américain et européen de retour du Tigré, leur reprochant d’avoir fait leur les pré-conditions aux négociations de paix exigées par les rebelles de la région au lieu de les pousser à discuter.

Un conflit armé oppose depuis novembre 2020 le gouvernement éthiopien aux autorités rebelles du Tigré, issues du Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF). Les deux parties se disent prêtes depuis plusieurs semaines à engager des négociations, sans avancée concrète jusqu’ici.

En visite en Ethiopie, les envoyés spéciaux respectifs des Etats-Unis et de l’Union européenne pour la Corne de l’Afrique, Mike Hammer et Annette Weber, se sont rendus mardi à Mekele, capitale du Tigré, en compagnie d’ambassadeurs européens, pour « encourager le lancement des discussions entre gouvernement et TPLF sous les auspices de l’Union africaine ».

A leur retour, « je me suis entretenu avec l’équipe de diplomates et ai exprimé la consternation du gouvernement », a annoncé mardi soir sur Twitter Redwan Hussein, conseiller à la Sécurité nationale du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed.

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« Les diplomates n’ont pas fait pression pour un engagement sans équivoque envers des pourparlers de paix, préférant se prêter au jeu de l’apaisement et des pré-conditions exigées par les autorités rebelles du Tigré », a-t-il dénoncé.

Mardi, les deux envoyés spéciaux ont réclamé dans un communiqué conjoint le rétablissement des services de base (électricité, télécommunications, banques) dont le Tigré est privé depuis plus d’un an, la levée de restrictions gouvernementales sur l’acheminement « d’argent liquide, de carburant et d’engrais ainsi qu’un accès humanitaire illimité à la région ».

M. Redwan souligne que concernant le rétablissement des services, « le gouvernement a réaffirmé sa disposition et réitéré les préalables, c’est-à-dire que soient créées des conditions favorables et un semblant de paix par l’entame de pourparlers ».

Lundi, cité par la télévision officielle tigréenne, le chef des rebelles du Tigré, Debrestsion Gebremichael, a à nouveau répété qu’aucune discussion ne commencerait avant que soient rétablis les services essentiels au Tigré.

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Selon M. Redwan, le communiqué des deux envoyés spéciaux « reprend la fable de l’accès humanitaire illimité, lequel a été réglé depuis longtemps : aucune limite au nombre de vols, pas plus sur le nombre de camions transportant de l’aide. La question du carburant a aussi été réglée », a-t-il affirmé.

Fin juillet, l’ONU affirmait néanmoins que « le manque de liquidités et de carburant au Tigré nuit lourdement à la distribution de nourriture au Tigré », où des millions de personnes ont besoin d’aide alimentaire.

Les combats ont quasiment cessé au Tigré depuis une trêve fin mars, mais la région reste coupée du reste du pays. A la faveur de la trêve, le gouvernement a autorisé la reprise de l’acheminement par la route de l’aide humanitaire, interrompu pendant trois mois, mais la situation humanitaire reste très difficile au Tigré.

La Rédaction

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