En annonçant une mission officielle à Goma, ville sous contrôle de rebelles du M23, Joseph Olenghankoy, président du Conseil national de suivi de l’accord (CNSA), prône une solution congolaise à la crise dans l’est de la RDC.
Pour lui, il faut briser le « mythe » selon lequel, la paix ne peut être imposée que par des acteurs extérieurs. Il affirme que les Congolais ne peuvent pas rester spectateurs pendant que d’autres décident pour eux. « Ce serait un crime », a-t-il déclaré.
Dans cette optique, et faisant suite à une plénière tenue le 19 juin dernier, le CNSA a annoncé le déploiement imminent d’une mission officielle à Goma, dans la province du Nord-Kivu. La délégation sera composée de onze membres : trois représentants du CNSA, un émissaire de la Présidence, un représentant de l’Assemblée Nationale, un du Sénat, un de la Primature et quatre journalistes. Cette composition vise à garantir à la fois la transparence et la représentativité institutionnelle de cette démarche.
Joseph Olenghankoy souligne que la présence des institutions de la République vise à légitimer l’initiative et à s’assurer que la voix du peuple congolais soit portée et entendue sans intermédiaires. Il s’agit, selon lui, d’un acte de souveraineté politique face à une crise trop longtemps gérée depuis l’étranger.
A Goma, la mission du CNSA prévoit de rencontrer les autorités locales, y compris les représentants du M23-AFC, les acteurs de la société civile ainsi que les différentes couches sociales. L’objectif est de construire une réponse nationale, cohérente et enracinée dans les réalités locales, en écoutant les préoccupations de chacun et en amorçant un dialogue porteur de paix durable.
Cette initiative intervient alors que l’attention de l’opinion publique est actuellement focalisée sur les négociations en cours à Washington, où Kinshasa et Kigali doivent signer l’accord de paix ce vendredi 27 juin. Depuis la résurgence du M23, le gouvernement congolais accuse le Rwanda de l’agresser à travers ce mouvement rebelle.
Ephraïm Kafuti

