Lundi 11 septembre, le général Abdel Fattah al-Burhane, dirigeant de facto du Soudan depuis son putsch et qui est engagé depuis cinq mois dans un conflit armé avec les paramilitaires, s’est rendu à Asmara, capitale érythréenne, pour rencontrer son homologue.
Accompagné de ses ministres des Finances et des Affaires étrangères, Abdel Fattah et son homologue Isaias Afwerkie ont échangé autour de l’avenir des relations bilatérales et de leur renforcement, a indiqué Yemane Meskel le ministre érythréen de l’Information, sur X (anciennement Twitter).
En début septembre, le général Burhane avait annoncé depuis Kassala, l’Etat qui borde l’Erythrée, la réouverture des poste frontières, un signe d’ouverture, mais aussi de reprise en main sécuritaire d’une ligne de démarcation connue de longue date pour sa porosité.
Entre-temps, un responsable soudanais de la sécurité, a affirmé à l’AFP, sous couvert, que les trafics d’armes et de drogues au Soudan se déroulaient principalement au sud de Toukar, une ville proche de l’Erythrée, où les trafiquants profitent d’une faible présence sécuritaire le long de la frontière. Asmara, elle, dénonce des mensonges.
Après quatre mois de siège à Khartoum, le général Burhane multiplie depuis fin août les déplacements à l’étranger pour tenter de s’imposer sur la scène diplomatique mondiale en cas de négociations de paix, selon des experts.
L’Erythrée, qui borde le Soudan au sud-est, est l’un des très rares pays voisins à ne pas avoir accueilli une partie du million de réfugiés soudanais fuyant la guerre, la frontière ayant été fermée par Khartoum en 2019.
En mi-juillet, le président érythréen avait participé à une réunion des chefs d’Etat des pays voisins du Soudan au Caire, dénonçant une guerre lancée sans aucune raison.
Au Soudan, les affrontements entre l’armée et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), dirigées par le général Mohamed Hamdane Daglo, ont fait depuis le 15 avril environ 7.500 morts, près de cinq millions de personnes ont été forcés de fuir leur maison, selon un bilan largement sous-estimé.
La veille, au moins 46 personnes avaient été tuées et des dizaines d’autres blessées par des frappes aériennes.
Mervedie Mikanu

