Plus de diffusion du magazine Jeune Afrique au Burkina Faso. Telle a décidé la junte au pouvoir dans un communiqué publié lundi 25 septembre.
Ouagadougou accuse le média français d’avoir lacé « une cabale médiatique contre le pays ». Les autorités du Faso reprochent à Jeune Afrique d’avoir publié un article sur les tensions au sein de l’armée. « Contre-vérité et manipulation », dénonce Jean-Emmanuel Ouédraogo, porte-parole du gouvernement burkinabè.
« Dans la négation totale de toute éthique professionnelle du journalisme, Jeune Afrique a choisi son camp, celui de l’intoxication et de la désinformation orchestrée par des officines occultes dont les maîtres à penser essaient de semer le chaos dans notre pays pour mieux l’asservir et l’exploiter », rapporte le communiqué.
Le gouvernement affirme rester « intraitable avec tout acteur médiatique qui mettra sa place au service d’intérêts étrangers à ceux de son peuple ». « Le devenir historique du Burkina Faso n’est pas tributaire des états d’âme de journalistes égarés », ajoute le texte.
Jeune Afrique s’ajoute sur la liste des médias français interdits de diffusion au Burkina Faso, théâtre de deux putschs en l’espace de huit mois. En décembre dernier, RFI avait été suspendue par les autorités pour « manquements graves sur des informations véhiculées ». Celle de France 24 est intervenue en mars dernier.
Ouagadougou avait accusé cette chaîne de télévision d’offrir l’espace « un espace de légitimation des actions terroristes et des discours de haine véhiculés pour assouvir les visées maléfiques de cette organisation au Burkina Faso, en ouvrant ses attentes au premier responsable d’AQMI ». C’était après la diffusion une interview d’Abou Obeida Youssef al-Annabi, chef d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). En fait, le Burkina Faso est, depuis 2015, en proie à la montée de la menace djihadiste de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’Etat islamique (EI). Ces attaques ont fait des milliers de morts et plus d’un million de déplacés.
Arrivé au pouvoir après l’éviction du colonel Paul-Henri Damiba, lui-même putschiste, le capitaine Ibrahim Traoré, chef de la junte, a fait la lutte contre la menace djihadiste sa priorité. Mais la situation reste précaire.
Béni Bavila

