N’ayant pas trouvé gain de cause en justice, Victoire Ingabire, farouche opposante au président Paul Kagame, vient d’être mise hors course à la présidentielle de juillet.
Ce mercredi 13 mars, un tribunal rwandais a rejeté sa demande de restauration de ses droits civiques, alors que la dirigeante du mouvement Développement et liberté pour tous (DLT) avait annoncé sa volonté de candidater face à Paul Kagame qu’elle accuse de « réprimer l’opposition et de bafouer la liberté d’expression ».
Victoire Ingabire dénonce cette décision. « Je ne suis pas d’accord avec cette décision », a rué dans les brancards l’opposante de 55 ans. Pour elle, c’est une décision clairement politisée. Elle accuse aussi les tribunaux ne pas toujours être « indépendants ».
Pourtant, le tribunal justifie par le fait que « les conditions imposées lors de la grâce présidentielle de Mme Ingabira n’ont pas expiré ». « Lors de la grâce présidentielle accordée à Ingabire, certaines conditions ont été fixées qu’elle doit respecter », a tranché le juge.
Victoire Ingabira est la figure de l’aile dure de l’opposition au Rwanda. Après 16 ans d’exil aux Pays-Bas, l’opposante avait posé le pied à Kigali en 2010. Aussitôt rentrée, elle se retrouve au cœur de la controverse suite à ses propos après une visite au mémorial de Gisozi, dédié aux victimes du génocide de 1994.
Si elle avait reconnu la réalité du génocide commis contre les Tutsis, l’opposante avait demandé que les auteurs de crimes contre les Hutus soient aussi jugés. Une déclaration qui a fait polémique au pays de mille collines, qui avait été décimé par le génocide de 1994 avec un bilan d’au moins 800.000 morts, selon les Nations unies.
Puis, Victoire Ingabira a maille avec la justice de son pays. Accusée de nier la réalité du génocide, l’opposant avait été arrêtée jusqu’à sa libération en septembre 2018 dans le cadre d’une grâce présidentielle à plus de 2000 prisonniers.
Au Rwanda, la présidentielle doit avoir lieu en juillet. Au pouvoir depuis les années 94, le président Paul Kagame va briguer à un quatrième mandat. Le week-end dernier, le Front patriotique rwandais (FPR), parti au pouvoir, l’a investi candidat pour ce scrutin. Il sera en face de qui ? Jusque-là, Frank Habineza, chef du Parti vert démocratique, est seul candidat en lice. Son parti est la seule formation politique autorisée dans le pays.
La Rédaction

