RDC-COVID-19 : Le plus vieux métier du monde touché par le couvre-feu

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La nuit tombée, un groupe de femmes, debout, devant la clôture d’un nouvel immeuble sur l’avenue Flambeau à Kinshasa, commune de la Gombe. Les unes se font une beauté, à l’abri de la lumière, d’autres changent de tenue. L’une d’elle est déjà prête. Nous l’appelons plutôt Sarah. Sa courte robe rouge moulante met en valeur des formes généreuses. La poitrine en évidence, certaines parties de son corps, visibles par endroits.

Sarah et ses “collègues” s’installent, les unes près des autres, dans ce périmètre, non loin de la Gare centrale, à quelques mètres de l’INA (Institut national des arts). Les rues alentours sont quasiment désertes. Dès que pointent à l’horizon les phares d’une voiture, elles font un mouvement vers la chaussée. Question de vendre leurs “atouts”.

Les clients sont rares depuis l’entrée en vigueur du couvre-feu. Les affaires ne marchent pas bien. C’est vraiment dur. Les hommes rentrent tôt chez eux et nous on galère pour en trouver” se désole Sarah, sous les regards approbateurs des «copines».

Pendant l’attente des clients, Sarah, édentée, la quarantaine révolue, brûle une cigarette. Elle scrute l’écran de son téléphone pour un appel entrant. “… Allô… Oui ! Je suis là… Oui. Tu viens ? Okay … Je suis là, j’attends…” indique la femme à un interlocuteur au bout du fil. Notre professionnelle du sexe a le sourire. D’autres appels vont suivre. Avant qu’elle ne disparaisse, accompagnée, dans cette nuit. Sarah dit s’être adaptée à la conjoncture et au couvre-feu pour préserver sa clientèle.

Maintenant, on survit avec les quelques rares clients qui ont mon numéro de téléphone. Ils appellent et viennent rapidement pour un coup”, confie la jeune dame.
Le Covid et le couvre-feu semblent avoir porté un coup dur à leur business. Les prix ont sensiblement baissé, explique Sarah. “Je suis prête à casser les prix, même autour de 5$ ou moins”, dit-elle.

Pour gagner plus, Sarah se laisse parfois tenter par des rapports non protégés. C’est combien sans préservatif ? nous enquerrons-nous. “On s’entend. C’est trop risqué. En ce moment-là, je négocie les prix à la hausse. Mais je préfère avec, pour des raisons de santé”. Sarah s’éloigne. Traverse la rue pour prendre place à côté de ses collègues en attendant l’arrivée du client qui avait téléphoné. «Si vous avez envie, venez et on va s’entendre» nous lance-t-elle entre deux éclats de rire.

Alimasi Kambale

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