Sénégal : le pouvoir et l’opposition en bras de fer sur fonds d’un climat de tension préélectorale ?

Alors que les autorités sénégalaises ont interdit une manifestation prévue à Dakar, la capitale, ce vendredi 17 juin, l’opposition a maintenu son appel à manifester contre l’invalidation d’une liste nationale de ses candidats aux législatives du 31 juillet.

Ce vendredi, l’ambiance est tendue à Dakar. Les forces de l’ordre sont déployées, confie à Sahutiafrica une source sur place. Le domicile d’Ousmane Sonko, figure de proue de l’opposition, est barricadé par la police pour l’empêcher de se rendre à la manifestation à la Place de la Nation.

«… La manifestation est maintenue»

Cité par l’AFP, Ousseynou Ly, porte-parole du parti Pastef de M. Sonko, rapporte que « les membres des forces de sécurité sont une centaine répartis autour du domicile du président Sonko ». « La manifestation est maintenue. Elle aura bel et bien lieu », assure ce proche d’Ousmane Sonko.

Selon les médias locaux, l’accès est interdit dans cette zone. Dakaractu rapporte que le domicile de Barthélemy Dias, un autre leader de l’opposition, est aussi fortement surveillé.

Pourtant, le préfet de Dakar a, dans un arrêté mercredi, interdit cette manifestation. Il a justifié sa décision par les menaces de troubles à l’ordre public, mais aussi la violation du code électoral et de son article L.61. Ce dernier interdit toute propagande déguisée dans les trente jours précédant l’ouverture de la campagne électorale ». Une décision rejetée par Yewwi Askan Wi, coalition d’opposition.

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Le pouvoir et l’opposition sont en bras de fer à l’approche des législatives. C’est après que M. Sonko et certaines figures de l’opposition se sont vus écartés par le Conseil constitutionnel. L’opposition crie à une stratégie du pouvoir « d’écarter ses adversaires de la course ». Moise Sarr, membre de Benno Bokk Yaakar, coalition au pouvoir, dénonce « une attitude irresponsable de l’opposition de vouloir saper la quiétude sociale ».

Des analystes estiment que la décision du Conseil constitutionnel crée une impasse politique. Ousseynou Nar Guèye, éditorialiste sénégalais et fondateur du site Sentract, indique que « lorsqu’on accepte de participer à un jeu politique partisan et démocratique, il faut accepter les décisions de l’arbitre qu’est le Conseil constitutionnel dans ce contexte ».

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Appel au report des législatives

« Si tu n’acceptes pas ces décisions, tu n’acceptes pas l’arbitre. Tu disqualifies le jeu, auquel toi-même tu participes. Même si c’est une décision qui est contraire aux intérêts de la principale coalition de l’opposition, elle est bien obligée de l’accepter parce qu’elle a accepté de participer à ce jeu politique », commente-il à Sahutiafrica.

Pour l’éditorialiste, le Conseil constitutionnel a basé sa décision sur des motivations de droit. « Je ne pense pas qu’à l’état actuel de l’avancement de la démocratie sénégalaise, le Conseil constitutionnel puisse être instrumentalisé par le pouvoir. Je refuse de le penser », croit Ousseynou Nar Guèye.

Au Sénégal, les législatives visent à renouveler les 165 députés de l’Assemblée nationale, dominée par le camp présidentiel. A l’approche du scrutin, le climat de tension préélectorale semble croisant. Entre-temps, l’association des imams et oulémas appelle à un report du scrutin « pour que les parties puissent discuter ».

Trésor Mutombo

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