Soldats ivoiriens détenus au Mali : Abidjan dénonce «une prise d’otage»

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Ce dimanche 11 septembre, la Côte d’Ivoire considère que ses 46 soldats détenus au Mali depuis deux mois sont des « otages », après des déclarations de la junte au pouvoir à Bamako conditionnant leur libération à l’extradition de personnalités politiques maliennes vivant à Abidjan.

« C’est une prise d’otage qui ne restera pas sans conséquence. Notre position est claire : ce marché est inacceptable », a affirmé une source proche de la présidence ivoirienne à l’AFP.

« Nous privilégions toujours la solution diplomatique. Il faut éviter la politique du pire », a toutefois ajouté cette source qui espère que la junte malienne « reviendra sur sa position ».

Un sommet extraordinaire de la Communauté des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) doit se tenir la semaine prochaine à New York en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, selon cette même source, et devrait évoquer le sujet.

« Si d’ici là rien ne se règle par la voie diplomatique, la Cédéao sera bien obligée de prendre des sanctions », a-t-elle prédit.

Le 10 juillet, 49 soldats ivoiriens avaient été arrêtés au Mali, qualifiés de « mercenaires », puis inculpés mi-août de « tentative d’atteinte à la sûreté extérieure de l’État » et formellement écroués.

Abidjan assure que ces soldats étaient en mission pour l’ONU, dans le cadre d’opérations de soutien logistique à la Mission des Nations unies au Mali (Minusma) et exige leur libération.

Contrepartie

Le week-end dernier, trois femmes soldats sur les 49 avaient été libérées, « un geste humanitaire » du Mali qualifié alors de « bon signe » par Abidjan.

Mais vendredi, le chef de la junte au pouvoir à Bamako, le colonel Assimi Goïta, a parlé de nécessaire « contrepartie », confirmant des informations selon lesquelles l’extradition de personnalités maliennes faisait partie de la discussion sur le sort des soldats ivoiriens.

« Au moment où la Côte d’Ivoire demande la libération de ses soldats, (elle) continue de servir d’asile politique pour certaines personnalités maliennes faisant l’objet de mandats d’arrêt internationaux émis par la justice », a dit le colonel Goïta. Il insiste que ces mêmes personnalités bénéficient de la protection de la Côte d’Ivoire pour déstabiliser le Mali.

Il fait notamment allusion à Karim Keïta, le fils de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta renversé par les colonels en 2020, et de Tiéman Hubert Coulibaly, ministre de la Défense et des Affaires étrangères sous M. Keïta.

Plusieurs médiations sont en cours pour obtenir la libération des 46 soldats toujours prisonniers, dont celle du président togolais Faure Gnassingbé et de leaders religieux maliens.

Dans ce dossier, l’ONU avait reconnu des « dysfonctionnements » dans une note adressée au gouvernement malien et admis que « certaines mesures n’ont pas été suivies ».

La Côte d’Ivoire s’est de son côté engagée à « respecter les procédures des Nations unies ainsi que les nouvelles règles et dispositions maliennes édictées, relatives au déploiement des forces militaires au Mali ».

Les relations entre le Mali et son voisin ivoirien se sont dégradées depuis que des colonels ont pris par la force en août 2020 la tête de ce pays confronté depuis 2012 à des attaques djihadistes et plongé dans une profonde crise sécuritaire et politique.

Bamako accuse notamment Abidjan d’avoir incité ses partenaires ouest-africains à durcir les sanctions contre les militaires maliens. Les sanctions ont finalement été levées début juillet.

La Rédaction

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