Allié de première heure du président Tshisekedi, Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale de la RDC, a démissionné de ses fonctions ce lundi 22 septembre. Cette décision, annoncée par le principal concerné lors de la session plénière, intervient dans un contexte de tensions politiques persistantes et de critiques à l’encontre de sa gouvernance.
Dans sa lettre de démission lue devant ses collègues, Vital Kamerhe a déploré l’ambiance morose qui règne autour de l’institution depuis l’ouverture de la session ordinaire de septembre. Il justifie sa démission par la volonté de permettre à l’Assemblée nationale de se concentrer sur les questions essentielles et de retrouver le chemin de la sérénité.
L’ancien président souligne l’importance de faire face aux défis majeurs du pays, tels que la guerre dans l’Est, le chômage et la pauvreté. Il exhorte ses collègues à se concentrer sur ces urgences, estimant qu’il était essentiel de «sacrifier une part de leurs intérêts présents, au nom de la construction radieuse d’un avenir collectif».
En fait, la démission de Kamerhe fait suite à la présentation de pétitions contre plusieurs membres du bureau de l’Assemblée. Les pétitionnaires reprochaient notamment au président son manque d’alignement sur les priorités du pouvoir et une gestion opaque des fonds parlementaires. Bien que Vital Kamerhe a tenté d’apaiser les tensions, il n’a pas réussi à rallier suffisamment de soutiens pour maintenir sa position.
En RDC, cette affaire polarise l’attention à Kinshasa et ne cesse de susciter les débats. Si les députés pétitionnaires ont formulé plusieurs griefs contre le bureau de Vital Kamerhe, avant la plénière, très attendue et déterminante, Billy Kambale, secrétaire général de l’Union pour la nation congolaise (UNC), parti de Vital Kamerhe, a échangé avec Augustin Kabuya, secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti présidentiel.
Certains observateurs et analystes politiques voient dans cette démission un règlement de comptes interne à l’Union sacrée, la coalition au pouvoir. Ils estiment que cette manœuvre politique vise à consolider le contrôle de l’UDPS sur l’institution parlementaire.
Pour l’heure, la démission de Vital Kamerhe et du rapporteur de l’Assemblée nationale ouvre la voie à une élection rapide pour pourvoir ces postes vacants. Cette transition s’annonce cruciale pour la stabilité de l’institution et la poursuite des travaux législatifs.
Reste à savoir si cette démission permettra effectivement à l’Assemblée de retrouver le chemin de l’essentiel et de se concentrer sur les défis majeurs auxquels le pays est confronté.
Josaphat Mayi

